
Cela fait des mois que vous étudiez. Vous regardez des tutoriels, prenez des notes et lisez des articles. Pourtant, lorsque vous examinez vos progrès, quelque chose ne va pas.
Vous êtes occupé, mais vous ne progressez pas assez vite. Vous y consacrez du temps, mais les résultats ne sont pas à la hauteur de vos efforts.
Voici ce que la plupart des gens ne veulent pas entendre : le temps passé à apprendre n’est pas synonyme de temps passé à progresser.
Vous pouvez rester assis devant votre ordinateur portable pendant six heures et n’en tirer pratiquement rien si ces heures sont ponctuées de distractions, de changements de contexte et d’une attention à moitié concentrée.
Le problème n’est pas l’effort ; c’est la profondeur.
Le « travail en profondeur» consiste à se concentrer intensément sur des tâches exigeantes sur le plan cognitif, sans interruption.
C’est la compétence la plus sous-estimée dans le domaine du développement personnel. Les professionnels qui progressent le plus rapidement ne sont pas toujours ceux qui travaillent le plus longtemps ; ce sont ceux qui travaillent de manière la plus approfondie.
Cet article vous expliquera ce qu’est le travail en profondeur, pourquoi vos habitudes d’apprentissage actuelles vous freinent probablement, et comment mettre en place un système pratique de travail en profondeur qui accélérera le développement de vos compétences.
Que vous soyez étudiant à Lagos, jonglant entre vos cours, diplômé à Nairobi, occupant un emploi de 9 h à 17 h, ou freelance à Accra, cherchant à percer sur le marché mondial, ce guide s’adresse à vous.
I. Qu’est-ce que le « travail en profondeur» ? Et pourquoi la plupart des gens n’en font-ils jamais l’expérience ?

1.1 Définition du « travail en profondeur»
Le terme « travail en profondeur» a été popularisé par Cal Newport, professeur d’informatique et auteur à succès qui a écrit un ouvrage du même nom.
Newport le définit comme « des activités professionnelles menées dans un état de concentration sans distraction qui mettent vos capacités cognitives à leur limite.»
En clair : cela signifie travailler sur des tâches complexes en y consacrant toute son attention pendant une période prolongée et ininterrompue.
Le « travail en profondeur» produit deux résultats qu’aucune autre activité ne peut offrir : un véritable développement des compétences et des résultats de grande qualité.
Lorsque vous vous adonnez au « travail en profondeur», votre cerveau établit des connexions neuronales plus solides autour de la tâche à accomplir. Vous ne vous contentez pas de consommer des informations ; vous forgez une véritable compréhension.
C’est ce qui distingue quelqu’un qui a regardé cinquante heures de tutoriels de programmation de quelqu’un qui est réellement capable de créer des choses.
1.2 Travail superficiel vs travail approfondi : la véritable différence
Le travail superficiel correspond au mode « occupé mais improductif » dans lequel vit la plupart des gens.
Cela inclut consulter ses messages, faire défiler du contenu, passer d’un onglet à l’autre, écouter une vidéo d’une oreille distraite tout en faisant autre chose, ou étudier avec son téléphone qui vibre toutes les cinq minutes.
Le travail superficiel donne l’impression d’être productif. C’est là le piège. Vous êtes actif, votre écran est allumé et vous faites des choses, mais votre cerveau n’est jamais pleinement mobilisé.
Vous effleurez la surface de vos tâches plutôt que d’aller en profondeur.
Le travail en profondeur, en revanche, exige que vous soyez pleinement concentré sur une seule tâche exigeante.
Pas de notifications. Pas de tâches parallèles. Pas d’échappatoires faciles. Juste vous et le travail : surmonter les difficultés, approfondir votre compréhension et produire un résultat concret.
La différence de résultats n’est pas négligeable.
Une étude de l’université de Californie à Irvine a révélé qu’il faut en moyenne 23 minutes pour retrouver une concentration totale après une interruption.
Si vous êtes interrompu toutes les 10 à 15 minutes, vous n’entrez jamais réellement dans un état de travail en profondeur, et votre apprentissage en pâtit.
1.3 Pourquoi le travail en profondeur est rare (et précieux)
Voici l’ironie : le travail en profondeur est rare parce que la vie moderne est conçue pour l’empêcher de se produire.
Les réseaux sociaux, les applications de messagerie, les contenus de divertissement… tous se disputent votre attention, 24 heures sur 24.
La capacité à se concentrer en profondeur est de plus en plus difficile à développer, ce qui la rend d’autant plus précieuse.
Des entreprises comme Andela, qui forment des développeurs africains aux normes internationales et les mettent en relation avec des employeurs du monde entier, ne recherchent pas seulement des personnes qui connaissent la syntaxe.
Elles recherchent des personnes capables de résoudre des problèmes complexes en conditions réelles.
Cela nécessite une capacité cognitive profonde : celle qui ne se développe qu’à travers une pratique régulière du travail en profondeur.
Si vous parvenez à développer votre capacité à travailler en profondeur alors que tout le monde autour de vous est distrait, vous vous forgez un avantage concurrentiel qui dépasse de loin n’importe quelle compétence isolée.
Vous devenez quelqu’un capable de maîtriser véritablement des domaines.
II. Comment les distractions et le multitâche nuisent à votre apprentissage

2.1 Le coût caché des interruptions constantes
Chaque fois que votre téléphone vibre, chaque fois que vous changez d’onglet pour vérifier quelque chose « rapidement », chaque fois que vous faites une pause pour répondre à un message, vous payez un coût cognitif que vous ne pouvez pas voir mais que vous ressentez parfaitement.
Ce coût s’accumule au fil des heures, des jours et des mois, ralentissant considérablement votre progression.
Réfléchissez-y : si vous étudiez pendant deux heures mais que vous consultez votre téléphone toutes les dix minutes, vous subissez environ douze interruptions.
Avec 23 minutes nécessaires pour retrouver votre concentration après chaque interruption, vous ne pouvez pas atteindre un état de concentration profonde pendant cette session. Vous n’étudiez qu’en apparence.
2.2 Pourquoi le multitâche est un mythe
Vous ne faites pas du multitâche. Aucun être humain n’en est capable.
Ce que vous faites en réalité, c’est passer rapidement d’une tâche à l’autre, et chaque changement entraîne une perte de performance.
Une étude de l’American Psychological Association a révélé que le changement de tâche peut réduire la productivité jusqu’à 40 %.
Lorsque vous essayez d’acquérir une nouvelle compétence, quelque chose qui exige un véritable effort cognitif, comme comprendre comment rédiger un texte persuasif, déboguer du code ou analyser des données, le changement de tâche a des effets dévastateurs.
Votre cerveau ne peut pas acquérir une compréhension approfondie s’il est constamment tiraillé dans différentes directions.
La croyance selon laquelle on peut apprendre tout en regardant autre chose ou étudier efficacement avec du bruit de fond et des notifications ouvertes est l’un des mensonges les plus coûteux en matière de développement des compétences.
2.3 Le problème des résidus d’attention
Même après avoir cessé une activité source de distraction, votre attention ne revient pas instantanément à la tâche principale.
Les chercheurs appellent cela le « résidu d’attention » : les traces mentales d’une tâche précédente qui persistent dans votre mémoire de travail et réduisent la qualité de votre concentration sur la tâche suivante.
C’est pourquoi consulter ses messages « juste une fois » avant une session d’étude est rarement anodin.
Cette simple consultation apporte de nouvelles informations : quelque chose que quelqu’un a dit, quelque chose à quoi vous devez répondre, quelque chose qui a déclenché une réflexion, et ce résidu reste dans votre esprit pendant que vous essayez d’apprendre.
La session est déjà compromise avant même d’avoir commencé.
Comprendre cela n’a rien à voir avec la paranoïa. Il s’agit d’adopter une approche stratégique.
Vous savez désormais qu’un véritable apprentissage nécessite de protéger votre attention avant, pendant et après une session d’étude, et non seulement pendant celle-ci.
III. Stratégies pratiques pour mettre en place des sessions de travail en profondeur

3.1 Le « time blocking » : s’approprier ses heures de concentration
Le « time blocking » consiste à réserver des plages horaires spécifiques dans votre agenda pour le travail en profondeur et à les considérer comme non négociables.
Pas « Je vais étudier quand j’aurai le temps », mais « Mardi et jeudi, de 6 h à 8 h, je me consacre en profondeur à la rédaction publicitaire. Rien d’autre. »
C’est la précision qui fait toute la différence.
Une intention vague d’étudier cède toujours la place à l’attrait immédiat d’une activité plus confortable.
Un créneau précis et planifié crée une structure à laquelle votre cerveau peut se préparer et s’engager.
Commencez par un ou deux créneaux de travail en profondeur par jour, de 90 minutes chacun.
Quatre-vingt-dix minutes ininterrompues de véritable concentration sur une seule compétence donneront de meilleurs résultats que trois heures d’étude dispersée et ponctuée de distractions.
Au fil du temps, à mesure que votre concentration s’améliore, vous pourrez allonger ces plages horaires.
3.2 Se fixer des objectifs clairs avant chaque session
Se lancer dans une session de travail en profondeur sans objectif clair revient à se rendre à la salle de sport sans programme. Vous allez errer, faire n’importe quoi, puis repartir sans avoir vraiment progressé.
Avant chaque session, notez un objectif précis : ce que vous souhaitez comprendre, terminer ou produire d’ici la fin de ce créneau.
Par exemple, au lieu de « étudier JavaScript », écrivez « terminer le module sur les fonctions sur freeCodeCamp et créer une petite fonction à partir de zéro ».
Cette clarté donne à votre cerveau un objectif et permet de mesurer le succès de la session.
Cette petite habitude élimine la charge mentale liée à la décision de quoi faire pendant la séance, ce qui vous détourne du travail proprement dit.
3.3 Éliminer les distractions avant de commencer
Votre environnement détermine votre comportement bien plus que votre volonté.
Ne comptez pas sur votre maîtrise de soi pour résister aux distractions : éliminez-les avant le début de la session.
Cela signifie mettre votre téléphone en mode silencieux, le placer dans une autre pièce (ou le ranger dans un tiroir), et désactiver les notifications sur votre ordinateur portable. Fermez les onglets des réseaux sociaux.
Prévenez les personnes de votre foyer que vous n’êtes pas disponible pendant les 90 prochaines minutes.
Si vous utilisez Internet pour apprendre, utilisez des extensions de navigateur telles que Cold Turkey ou Freedom pour bloquer les sites source de distraction pendant cette période.
Il ne s’agit pas d’une discipline extrême, mais d’une organisation intelligente. Vous faites en sorte que le travail en profondeur devienne la voie de moindre résistance plutôt que celle du plus grand effort.
3.4 Choisir votre philosophie du travail en profondeur
Cal Newport identifie plusieurs approches pour structurer en profondeur le travail. Deux d’entre elles sont particulièrement adaptées aux jeunes apprenants et aux professionnels :
La philosophie rythmique
Vous travaillez en concentration profonde à la même heure chaque jour, en l’intégrant à votre routine comme une habitude.
C’est l’idéal si vous avez un emploi du temps régulier ; par exemple, tous les matins de 5 h 30 à 7 h 30, avant toute autre activité.
La régularité élimine le fardeau de la prise de décision et rend le « travail en profondeur» automatique au fil du temps.
La philosophie bimodale
Vous alternez entre des périodes de « travail en profondeur» et des périodes de vie normale, en tranches plus longues ; par exemple, du « travail en profondeur» du lundi au mercredi, puis un emploi du temps régulier du jeudi au dimanche.
Cette approche convient aux personnes dont l’emploi du temps varie d’une semaine à l’autre, comme les étudiants aux horaires de cours irréguliers ou les travailleurs indépendants qui gèrent les délais de leurs clients.
Choisissez celle qui correspond le mieux à votre mode de vie actuel. Quelle que soit celle que vous choisirez, si vous l’appliquez de manière cohérente, vous obtiendrez des résultats.
IV. Routines de travail en profondeur adaptées à différents modes de vie

4.1 Pour les étudiants et les apprenants à temps plein
Si vous êtes étudiant ou apprenti à temps plein, votre plus grand atout réside dans la flexibilité horaire.
Mais votre plus grande menace réside dans l’environnement social du campus et dans l’illusion de productivité que procure le fait d’être entouré d’autres étudiants « qui étudient ».
Une routine pratique de travail en profondeur pour les étudiants :
- 6 h 00 – 7 h 30 : Premier bloc de travail en profondeur (sujet le plus difficile, téléphone éteint)
- 7 h 30 – 8 h 00 : Pause, petit-déjeuner, activité physique légère
- 16 h 00 – 17 h 30 : Deuxième bloc de travail en profondeur (entraînement pratique ou travail sur un projet)
- Soirée : Repos, vie sociale, véritable déconnexion
Deux blocs de 90 minutes par jour équivalent à trois heures de concentration réelle.
Si vous maintenez ce rythme pendant 30 jours, cela représente 90 heures véritablement consacrées au développement de vos compétences, soit plus que ce que la plupart des gens accumulent en six mois d’études ponctuées de distractions.
4.2 Pour les personnes ayant un emploi à temps plein
Si vous occupez un emploi à temps plein tout en développant une compétence à côté, vous disposez de moins de temps, ce qui rend le travail en profondeur encore plus essentiel.
Vous ne pouvez pas vous permettre de gaspiller votre temps libre limité en apprentissage superficiel.
Une routine pratique de travail en profondeur pour les professionnels salariés :
- 5 h 00 – 6 h 30 : Bloc de travail en profondeur avant le travail (le matin est plus calme et votre force de volonté est à son maximum)
- Pause déjeuner (30 à 45 minutes) : Relire ses notes, regarder une vidéo pédagogique en y consacrant toute son attention
- 20 h 00 – 21 h 00 : Deuxième bloc facultatif, une heure de pratique ciblée
Total : 2,5 à 3 heures de travail concentré par jour.
C’est suffisant pour passer du niveau débutant au niveau intermédiaire dans une compétence en 90 jours de pratique régulière.
4.3 Pour les indépendants et les professionnels en début de carrière
En tant que freelance, la tentation de confondre la communication avec les clients et le travail de fond tout au long de la journée est bien réelle et sape discrètement votre progression.
Organisez votre journée de manière à ce que le travail de fond et celui destiné aux clients occupent des plages horaires distinctes et protégées.
Une routine pratique de travail de fond pour les freelances :
- 7 h 00 – 9 h 00 : Bloc de travail approfondi (développement de compétences, travail créatif complexe)
- 9 h 00 – 12 h 00 : Travail pour les clients et livrables
- 12 h 00 – 13 h 00 : Déjeuner et pause
- 13 h 00 – 15 h 00 : Communication avec les clients, tâches administratives, e-mails
- 15 h 00 – 16 h 30 : Deuxième bloc de travail en profondeur facultatif
Ce modèle réserve la matinée, période où vos capacités cognitives sont les plus aiguisées, au travail qui sollicite le plus votre cerveau.
V. Développer votre capacité de concentration au fil du temps

5.1 Commencez petit et progressez progressivement
Si vous n’avez pas l’habitude de pratiquer le « travail en profondeur», votre capacité de concentration est faible, et ce n’est pas grave.
Vous ne vous attendiez pas à courir 10 kilomètres dès votre premier jour à la salle de sport. La même logique s’applique ici.
Commencez par des sessions de concentration de 25 minutes (technique Pomodoro). Travaillez en pleine concentration pendant 25 minutes, puis faites une pause de 5 minutes. Enchaînez quatre cycles, puis faites une pause de 30 minutes.
Au fur et à mesure que votre concentration s’améliore au bout de deux à trois semaines, prolongez chaque session à 45 minutes, puis à 60 minutes, puis à 90 minutes.
Cette approche progressive entraîne votre cerveau à maintenir sa concentration sans s’épuiser.
La plupart des personnes qui tentent de se lancer directement dans des sessions de travail en profondeur de deux heures échouent en moins d’une semaine et en concluent qu’elles « n’arrivent tout simplement pas à se concentrer ».
Elles n’ont pas échoué dans le travail en profondeur ; elles ont essayé de courir avant de savoir marcher.
5.2 Le repos et la récupération font partie intégrante du système
Le travail en profondeur est cognitif.
Votre cerveau consomme du glucose et a besoin de repos pour consolider ce qu’il a appris.
Sauter des pauses pour gagner des heures d’étude supplémentaires est contre-productif : cela dégrade votre capacité de concentration lors des sessions suivantes.
Cela signifie que le travail en profondeur nécessite un véritable repos, et non seulement le fait de passer de l’étude à la navigation sur les réseaux sociaux.
Se reposer, c’est se promener à l’extérieur, manger correctement, dormir au moins sept heures et passer du temps loin des écrans.
Certains des apprenants les plus productifs programment délibérément des « rituels de déconnexion » à la fin de chaque journée, un processus de clôture clair qui signale au cerveau que le travail est terminé et que la récupération peut commencer.
Des entreprises comme Microsoft ont mené des études directes sur ce sujet : leurs recherches sur la productivité ont montré que les pauses et les périodes de récupération amélioraient considérablement la qualité et la créativité du travail des employés, et pas seulement leur moral.
5.3 Suivre vos heures de travail en profondeur
Ce qui est mesuré peut être géré.
Tenez un journal simple de vos heures de travail en profondeur : date, heure de début, heure de fin, ce sur quoi vous avez travaillé et votre niveau de concentration sur une échelle de 1 à 10.
Cela ne prend que trois minutes et vous fournit des données concrètes sur vos habitudes.
Au fil du temps, vous remarquerez des tendances : à quels moments de la journée vous êtes le plus concentré, combien de temps vous pouvez rester concentré avant que la qualité ne baisse, et quels environnements vous conviennent le mieux.
Ces données vous permettent d’optimiser votre emploi du temps plutôt que de vous fier à des suppositions.
VI. Aménagement de l’environnement et minimalisme numérique

6.1 Aménager votre environnement physique pour favoriser la concentration
Votre environnement physique peut soit vous aider, soit vous gêner.
Un bureau encombré, une pièce bruyante, un mauvais éclairage et une chaise inconfortable épuisent vos ressources cognitives et rendent la concentration durable plus difficile.
Vous n’avez pas besoin d’un aménagement parfait, mais d’un aménagement bien pensé.
Réservez un espace dédié au travail en profondeur, même s’il ne s’agit que d’un coin de votre chambre ou d’une table dans un café calme.
Au fil du temps, votre cerveau associe cet espace à la concentration et passe plus rapidement en mode « concentration » lorsque vous vous y installez.
C’est ce qu’on appelle le « contexte déclencheur » : votre environnement devient un déclencheur du travail en profondeur.
Si votre domicile est trop bruyant ou trop perturbé pour vous permettre de vous concentrer, trouvez d’autres lieux : bibliothèques universitaires, cafés calmes en dehors des heures de pointe ou des espaces de coworking.
De nombreuses villes africaines disposent désormais d’espaces de coworking abordables, et certaines bibliothèques universitaires sont ouvertes au public.
6.2 Minimalisme numérique : réduire le bruit
Le minimalisme numérique ne signifie pas abandonner la technologie ; cela signifie l’utiliser de manière intentionnelle.
L’objectif est de supprimer les applications, les notifications et les habitudes numériques qui vous interrompent constamment sans apporter une valeur ajoutée proportionnelle à votre apprentissage.
Étapes pratiques pour adopter le minimalisme numérique :
- Supprimez les applications de réseaux sociaux de votre téléphone et accédez-y uniquement depuis le navigateur de votre ordinateur portable, à des horaires fixes
- Désactivez toutes les notifications push non essentielles
- Utilisez le mode « Ne pas déranger » ou le mode avion pendant chaque période de travail en profondeur
- Fixez des moments précis pour consulter vos messages : par exemple, une fois à midi et une fois à 18 h, plutôt que de répondre en temps réel toute la journée.
Flutterwave, l’une des principales entreprises africaines de fintech, fonctionne avec des équipes allégées et hautement performantes.
Les professionnels qui s’épanouissent dans de tels environnements ne sont pas toujours en ligne ni instantanément réactifs ; ils produisent un travail d’excellente qualité parce qu’ils parviennent à maintenir leur concentration.
6.3 Créer des rituels qui marquent le début du travail en profondeur
Un rituel préalable au travail en profondeur est une courte séquence d’actions régulières que vous effectuez avant chaque session de concentration.
Il signale à votre cerveau : « Nous passons maintenant en mode concentration. »
Votre rituel pourrait ressembler à ceci :
- Préparez-vous une tasse de thé ou de café
- Dégagez votre bureau et n’ouvrez que les onglets nécessaires
- Notez l’objectif de votre session dans votre carnet
- Mettez vos écouteurs et écoutez de la musique instrumentale ou du bruit blanc
- Lancez un minuteur
Le contenu du rituel importe moins que sa régularité.
Effectué de la même manière à chaque fois, il devient un signal puissant qui réduit le temps nécessaire pour entrer en état de concentration profonde.
Au fil des semaines, le rituel lui-même commence à vous motiver ; c’est la passerelle vers l’état où vous donnez le meilleur de vous-même.
VII. Un cadre pratique pour intégrer le « travail en profondeur» à votre routine quotidienne

7.1 Le plan d’action quotidien pour le « travail en profondeur»
Voici un cadre quotidien simple et reproductible que vous pouvez commencer à utiliser dès demain :
Avant la session :
- Définissez votre intention (notez un objectif précis)
- Préparez votre environnement (dégagez de l’espace, rangez votre téléphone, fermez les onglets)
- Effectuez votre rituel de préparation (5 minutes)
Pendant la session :
- Concentrez-vous sur une seule tâche, en y consacrant toute votre attention
- Si votre esprit vagabonde, prenez-en note et revenez à la tâche ; ne luttez pas contre cette distraction, redirigez simplement votre attention
- Pas de pause avant la fin du minuteur
Après la session :
- Rédigez un résumé en deux phrases de ce que vous avez accompli ou appris
- Reposez-vous pendant au moins 15 à 30 minutes avant le bloc suivant
- Consignez vos heures de travail en profondeur
Ce plan élimine les incertitudes au quotidien et vous permet de rester concentré sur l’apprentissage, et non sur la manière d’apprendre.
7.2 Planification hebdomadaire pour une concentration maximale
Une fois par semaine, idéalement le dimanche soir, consacrez 20 minutes à planifier en profondeur votre emploi du temps de travail pour la semaine à venir. Déterminez :
- Les jours où vous aurez des blocs de travail en profondeur (visez au moins 5 jours)
- L’heure de début et de fin de chaque bloc
- La compétence ou la tâche spécifique sur laquelle chaque bloc sera axé
- Toute contrainte ou tout changement d’emploi du temps nécessitant un ajustement
Cette revue hebdomadaire vous aide à rester responsable et garantit que vous planifiez réellement votre travail en profondeur, plutôt que de simplement l’espérer.
Sans cette structure, la semaine se remplit d’autres activités et l’apprentissage concentré se voit évincé.
7.3 Que faire lorsque vous vous écartez de votre objectif
Vous manquerez des séances. La vie viendra perturber votre routine. Ce n’est pas un échec ; c’est normal.
Le seul échec, c’est de considérer une séance manquée comme une raison d’abandonner complètement la pratique.
Lorsque vous perdez le rythme :
- N’essayez pas de « rattraper votre retard » en doublant les séances ; recommencez normalement
- Consultez votre journal et identifiez la cause de cette interruption
- Adaptez un élément pour réduire le risque que cette interruption se reproduise
- Reprenez votre programme dès le lendemain
L’objectif n’est pas une série parfaite : c’est une pratique durable qui porte ses fruits au fil des mois.
Une personne qui réalise 80 % de ses séances de travail en profondeur prévues sur six mois obtiendra de meilleurs résultats que quelqu’un qui en réalise 100 % pendant deux semaines, puis s’arrête.
Le travail en profondeur est le multiplicateur sur lequel reposent toutes les autres stratégies d’apprentissage.
Vous pouvez disposer des meilleures ressources, d’un bon mentor et d’un plan clair, mais si vous ne parvenez pas à vous concentrer, rien de tout cela ne se transformera en véritable compétence.
Maîtrisez d’abord votre attention, et tout le reste deviendra plus facile.
C’est important car le marché mondial récompense les personnes capables de produire d’excellents résultats, et non celles qui se contentent d’être occupées.
Si vous postulez à un poste en freelance à distance ou à un poste au sein d’une entreprise internationale, le « travail en profondeur» est l’atout qui vous distingue des autres candidats.
Votre action concrète
Cette semaine, prévoyez deux plages de 90 minutes consacrées au « travail en profondeur» dans votre agenda : l’une demain matin, l’autre après-demain.
Avant chaque plage horaire, fixez-vous un objectif précis. Rangez votre téléphone dans une autre pièce. Travaillez en vous concentrant pleinement. C’est tout.
N’attendez pas de vous sentir prêt. C’est en agissant que l’on devient prêt.
Quelle habitude vous empêche actuellement de vous concentrer en profondeur, et quelle mesure pouvez-vous prendre cette semaine pour vous en débarrasser ?
Si cela vous parle, lisez l’un des articles précédents de cette série sur la mise en place de routines d’apprentissage quotidiennes qui tiennent vraiment la route, car le travail en profondeur ne fonctionne que s’il s’inscrit dans un emploi du temps régulier.